La Ferme de Philip

Témoin de la vie paysanne d'autrefois et de ses savoirs-faire

Une ferme traditionnelle, à deux pas du Gerbier de Jonc

La Ferme Philip est située sur la commune de Sainte-Eulalie (Ardèche), à un kilomètre du Mont Gerbier-de-Jonc près des sources de la Loire. L'une des plus grandes palhissas du Mézenc-Gerbier...
Typique de l'architecture traditionnelle de la montagne ardéchoise, la ferme Philip présente la particularité d'avoir abrité deux familles: deux habitations, deux cheminées, deux montodor (accès à la grange) ainsi qu'une grande étable et à l'étage une grange, divisées à l'époque en deux parties.







Les ressources locales ont été utilisées à leur maximum pour la construction de la ferme : les genêts constituant la toiture étaient cueillis dans la lande alentour, les lauzes de phonolite du toit de l'arcas et des dalles du sol, extraites dans la carrière du mont Gerbier-de-Jonc. Sous l'arcas, dans le bâchas* creusé dans un tronc de sapin, une source coule en permanence.
...témoin d'un savoir-faire...
Philip, que beaucoup de gens appellent « la chaumière », apparaît dans les registres paroissiaux en 1622. Son toit est fait de genêt, matériau économique que l'on trouve en quantité dans la région. La pose de genêts est un travail minutieux, car si la première tâche consiste à le ramasser à l'aide d'un poudet à partir d'octobre et durant l'hiver, encore faut-il savoir le "piquer" sur la toiture. Cette tâche consiste à prendre des genêts d'une longueur d'environ 45 cm, et de les piquer à travers un tressage de branchages longs d'environ un mètre et fixés à des chevrons espacés de 25 cm. Plus les genêts sont posés verts, plus ils sont maniables, meilleure sera l'étanchéité. (10 à 11 h de travail au m2)
Philip est aujourd'hui la propriété de la famille Chareyre, et c'est à Léon, piqueur-lauzeur, avec sa famille et ses amis qui maintiennent le patrimoine ancien, que l'on doit la restauration de ce superbe bâtiment. Le résultat est remarquable. Les quelques 650 m2 de toiture sont entièrement recouverts de genêt et l'on peut, de l'intérieur, admirer les milliers de plants serrés les uns contre les autres.
...et de la vie quotidienne d'autrefois
La famille se rassemblait dans le logis, séparé de l'étable par une porte latérale et au-dessus duquel était située une chambre de mêmes dimensions. Il est toujours meublé comme autrefois : deux lits-clos, une belle armoire à linge en merisier, un vaisselier, une baratte à beurre et la partie essentielle à la vie de la famille : la grande cheminée. Elle témoigne encore de la convivialité des soirées où les femmes faisaient de la dentelle tandis que les hommes travaillaient le bois. On y fumait le jambon et cuisait la nourriture conservée dans la crotte. La chaise du patriarche est encore installée au coin du feu. Dans un renfoncement on trouve le four où l'on cuisait le pain après avoir fait moudre les grains de seigle aux moulins de Saint-Eulalie. C'est avec beaucoup d'émotions, que vous écouterez le récit de Marie-Thérèse.
Le lit-clos qui ouvre sur la cuisine est situé tout contre l'étable. Ainsi pouvait-il bénéficier, durant les rudes nuits d'hiver, de la douce chaleur des vaches et de l'abri du foin stocké au-dessus. L'immense étable communiquait directement avec le fenil par des trappes servant à remplir les mangeoires de fourrage. Ces trappes évitaient une dure manipulation et permettaient de ne pas sortir les animaux. Le quotidien était ponctué par le passage des colporteurs qui vivaient de menus travaux et qui trouvaient dans la grange assez de foin pour se faire un abri confortable pour la nuit.


Famille Chareyre
Ferme Philip
07510 Sainte Eulalie
Tarifs groupes des visites et réservations au 04 75 38 80 00
Tarif pour individuels : 3€ par personne

Office de Tourisme des Pays des Sources de la Loire